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Le petit patrimoine

Le lavoir communal du Devès et la fontaine

Crédit photos : Roselyne Ray

Pour une vue élargie et faire apparaitre les légendes cliquer au centre de la photo.

Le lavoir communal du Devez ou Devès

Ce lavoir rectangulaire à ciel ouvert ne figure pas sur le cadastre napoléonien (1833) . Sa construction en béton est certainement postérieure.
Sur le cadastre rénové de 1936 la fontaine et le lavoir sont tous deux indiqués.
Le lavoir a été utilisé jusqu’à ce que l’eau courante soit installée au hameau des Auverges en 1963 (1).
Il mesure hors tout  5 mètres 75 de longueur sur 3 mètres 30 de largeur.
A l’origine le petit bâti qui abrite une pompe n’existait pas et les femmes pouvaient se répartir sur les trois planches à laver en béton et à hauteur d’appui des deux bassins du lavoir. Le petit servait à laver le linge et le grand à le rincer. Tous deux ont la même profondeur : 0, 75m.  

La vanne d’arrivée du grand bassin peut être fermée à l’aide d’une bonde en peuplier. Le petit bassin est alimenté par une vanne de section carrée située au centre et à la base du mur de séparation des deux bassins. Le petit bassin est lui aussi équipé d’une vanne avec bonde en peuplier permettant la vidange complète des deux bassins. Celle-ci s’effectuait à l’origine à l’air libre mais les multiples crues ont déposé des lits successifs de pierres qui n’ont plus été enlevées lorsque le lavoir a cessé d’être utilisé. Une rigole au bas des planches de lavage recueille les eaux effluentes et les amène jusqu’à une canalisation de section circulaire en terre cuite  qui passe dans le mur de soutènement du terrain en amont puis file, enterrée,  jusqu’au petit mur de retenue ( de construction récente) situé une trentaine de mètres en aval et alimente des jardins.

Vous pouvez admirer le petit bâti de gourgues (2 )encore bien présent.
Le lavoir servait aussi à faire tremper les rameaux de vergne (3 ) que l’on utilisait pour attacher la vigne afin de les assouplir (4).
Un autre élément typique de l’aménagement des terrasses de culture en Cévennes : l’escalier pris dans le mur de pierres sèches.

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1  Document Roselyne Serre

2  Une gourgue est, en Cévennes, une réserve d'eau généralement aménagée à l'émergence d'une source, servant à l'irrigation ou à abreuver les troupeaux. Étymologie : probablement dérivé de l’occitan gorg (pl. gorgs) n. m. 1. gouffre 2. trou d’eau dans une rivière

3  Vernhe ou vergne : en occitan aulne. Sur le cadastre de 1833 les parcelles plantées d’aulnes sont répertoriées. Elles sont t oujours sit ées en bordure d’un cours d’eau, l’aulne étant un arbre de berge.

4  Source : Maurice Mercier

La fontaine du Devez ou Devès(1)

Elle figure sur le cadastre napoléonien (1833). Mais elle est certainement antérieure. Il faudrait consulter le compoix(2).

Il y a toujours de l’eau dans la fontaine car elle est alimentée  par deux canalisations enterrées très anciennes  qui descendent pour l’une sans doute du hameau de Vianès et pour la seconde peut-être des Auverges ou bien  de la croix des Lauzes. Au bout du petit chenal une canalisation de section circulaire en terre cuite d’un diamètre de 20 cm  aujourd’hui enterrée, mais elle ne l’était pas à l’origine, conduit l’eau  jusqu’à la  béalière(3) qui alimente le lavoir.
Actuellement le ruisseau est à sec une bonne partie de l’année mais dès que les précipitations atteignent 50 ml le ruisseau  de Bourdary ou de Combe Longe qui débute juste en-dessous du hameau de Vianès se forme à nouveau et la fontaine déborde(4).
La voute d’origine en pierres est en bon état. Le muret oriental est de construction plus récente(4).
Les paysans venaient y puiser l’eau pour remplir leur sulfateuse5. Leurs pieds ont usé profondément la pierre du bord. Les petites charrettes tirées par un âne pouvaient y accéder grâce à la calade(6). 

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1  Devez ou Devès : Les lieux-dits Le Devès, du latin defensum, au sens de « chose défendue » puis de « terrain clôturé », renvoient à une terre close par le seigneur pour en interdire l'accès à la communauté des villageois.

2  Compoix : cadastre d’Ancien Régime

3  Béalière : de l'occitan bealièira : petit canal d’adduction d’eau. Terme très utilisé en Cévennes avec l’importance de l’irrigation gravitaire. 

4, 5 et 6  Source : Maurice Mercier

Calade : de l ’occitan calada :  pierre à paver, pavé,  par extension chemin pavé.