Association Vinezac. Sauvegarder pour Transmettre

L'église. Vues extérieures

Crédit photos : Brigitte Moulin

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Classée Monument Historique le 23 juillet 1907. Vous pouvez consulter l'arrêté de classement sur la Base Mérimée du Ministère de la Culture.

Le reportage audio sur l'église de Vinezac réalisé par la radio RCF Ardèche a été enregistré le 13 août 2018. Pour l'écouter

 

Petite bibliographie :

Albin Mazon : Notice sur Vinezac, Éditions de Candide, Lavilledieu 1987.

Mireille Rouvière-Gobrechts : L'église de Vinezac , Maitrise d'Histoire de l'Art et d'Archéologie, Université de Paris X, Nanterre octobre 1984 et article in Mémoire d'Ardèche et Temps Présent : Actes du colloque de Vinezac de 1986., La Manufacture Lyon 1986.


L'église. Vues intérieures

Crédit photos : Roselyne Ray

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La coupole est ornée des trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la Charité et d'une représentation de l’Église inscrites dans des médaillons de forme octogonale. Au-dessous les représentations des quatre évangélistes Mathieu, Marc, Luc et Jean dans des médaillons de forme triangulaire.

La grande porte d'entrée de l'église comporte côté intérieur une inscription gravée sur le battant de droite ou dormant  : REY suivi de la lettre D en exposant curè (sic) 1837.

Le curé en exercice à cette date est le curé Reynaud (de 1832 à 1867). Il faut donc émettre l'hypothèse que l'auteur de l'inscription qui est probablement l'ébéniste avait mal compris le patronyme du prêtre (ce qui induit qu'il ne devait pas habiter Vinezac) et a corrigé après coup en ajoutant le D en exposant (un peu comme pour une abréviation). Nous ignorons le nom de cet artisan.

A noter que la partie de l'église dans laquelle s'ouvre la porte d'entrée actuelle ne figure pas sur le cadastre napoléonien ce qui amène à penser que cette partie aurait été rajoutée entre 1833 et 1837 (1). Mais si l'on examine la façade ouest et la façade sud au niveau de l'entrée actuelle on ne distingue absolument aucune reprise du bâti. La porte actuelle serait-elle venue fermer un porche pré-existant ?

On  peut remarquer que la petite porte qui donne sur la chapelle du rosaire est dotée des mêmes ornements. Elle est probablement l’œuvre du même ébéniste. Elle a subi les outrages du temps  et la commune a procédé à sa réfection à l'identique en 2021.

Le pavement du sol était à l'origine constitué de bars ou barres de pierre. Ils subsistent encore sous les bancs des Pénitents. Ils ont été remplacés par des carreaux de ciment de forme hexagonale alternant sobrement le blanc et le noir. Les différents espaces de l'église sont délimités par une bande continue de carreaux  noirs de section carrée. Un dessin de rosace à six branches  utilise en plus de ces deux carreaux un autre modèle de carreau coloré. Il orne le devant du chœur et le devant des autels de Saint-Sébastien (chapelle latérale de gauche) et du Rosaire (chapelle latérale de droite). Ils pourraient provenir de la fabrique de carrelages Larmande à Viviers(2) .

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(1) Voir également Ovide de Valgorge,Souvenirs de l'Ardèche. Editions Paulin. 1846, pages 357 et 358.

"Il reste encore en entier, formant la première arcade à droite de la nef principale, la porte latérale qui donnait accès à cette église". Ce qui confirme qu' en 1846 la porte actuelle est en place.

(2)Etienne Larmande a déposé un brevet le 2 août 1853 pour un carreau de ciment coloré. Une histoire du carreau- mosaïque. De la couleur dans la maison. Yves Esquieu. REF.2C Editions, juin 2013, page 22.

L'église. Les vitraux

Crédit photos : Roselyne Ray

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Ils mériteraient une restauration. ou à tout le moins un nettoyage par un atelier spécialisé.

Aucun n'est inscrit. Trois sont signés.

 

Tout d'abord la grande verrière de la façade ouest. Elle a été réalisée par l'atelier  du verrier lyonnais Pagnon-Deschelettes en 1878. Cet atelier qui était situé 56 rue Franklin à Lyon est très connu. Nombre d'églises de la région Auvergne-Rhône-Alpes possèdent des vitraux provenant de cet atelier.

Il représente Saint-Étienne (Stephanus) et porte l'inscription "don de M. E Boyer".

 Le 29 mars 1878 décède à Aubenas Toussaint Étienne BOYER, conducteur de travaux aux Ponts et Chaussées, en retraite, sans descendants. Il est natif de Vinezac, fils de feux Étienne et Rose Prat. Il a testé le 5 décembre 1876 en faveur de la commune et de l'église.

Il lègue 100 francs au titulaire ecclésiastique pour faire dire des messes et 1000 francs à la fabrique pour faire effectuer sur devis des réparations à l'église.

Par acte du 8 avril 1878 ses héritières  (ses trois sœurs) et son usufruitière (sa veuve) consentent à la donation en faveur de la fabrique.

Le 7 juillet 1878 le conseil de fabrique autorisé par une décision de l'évêque de Viviers en date du 3 juillet adopte la délibération suivante :

"considérant que ce legs est fait à l'église de Vinezac sans condition aucune et par suite sans aucune charge pour la fabrique, les membres soussignés à l'unanimité acceptent ce legs avec reconnaissance et sont d'avis d'en employer le montant aux réparations suivantes :

1° établissement d'une grande fenêtre au fond de l'église pour éclairer cette partie beaucoup trop obscure, avec vitrail ayant pour sujet un Saint-Étienne patron du donateur. Environ quatre cent cinquante francs.............450

2° agrandissement des deux fenêtres de la chapelle de Saint-Sébastien avec vitraux et leurs accessoires.....200

3° assainissement de la partie ouest de l'église en faisant disparaître la montée extérieure du clocher pour la remplacer par un escalier intérieur. Environ deux cent francs...........................................................................200

Total neuf cents francs ..........................................................................................................................................900

Par suite des frais de succession, le legs devant subir une réduction d'une centaine de francs au moins, toute la somme restante trouvera ainsi un emploi, le plus en rapport avec les besoins actuels de l'église et le plus en harmonie avec les désirs de la famille du défunt.

Fait à Vinezac le 7 juillet mille huit cent soixante dix huit.

Signé : Pouzache, Trichet, Rouvière, Molier, Courtine, JP Riou curé".

Le conseil municipal donne son accord par avis conforme du 29 décembre 1878 (requis par l'art. 21 Loi 18/07/1837). (1)

 

Deux autres vitraux signés sont  l’œuvre de l'atelier de Louis-Victor Gesta (1828-1894), ouvert en 1852  rue du Faubourg Arnaud-Bernard à Toulouse. Ils ne sont pas datés mais ont probablement été réalisés durant le 3e quart du XIXe siècle. Le premier représente Sainte-Anne mère de la vierge Marie et le second le Sacré-cœur de Marie.

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(1) : Archives départementales Ardèche : sous-série 4 O 158

L'église. Les objets mobiliers : statues, confessionnaux, lustre, chemin de croix, stalle curiale, baptistère, tabernacle.

Les objets concernant la confrérie des Pénitents noirs sont présentés sur la page dédiée.

Crédit photos : Roselyne Ray

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Le chemin de croix ne comporte plus que douze tableaux alors qu'il en avait quatorze à l'origine. Il manque les représentations des stations 7 et 9 : "Jésus tombe pour la deuxième fois" et "Jésus tombe pour la troisième fois".

Il date de 1857.

Le registre de fabrique pour l'année 1857 précise qu'il a coûté 678 francs. Plus la somme allouée au maréchal (ferrand qui a dû forger les pitons de fixation) qui n'est pas inscrite, plus le vernissage de dix-huit toiles pour la somme de six francs. L'église devait donc être ornée de quatre toiles en plus des quatorze du chemin de croix. A priori ces quatre toiles n'existent plus. La mention de l'atelier ne figure pas dans le registre. Les toiles ne sont pas signées. Nous n'avons pas trouvé de mention de ces cadres. On peut penser qu'elles ont été livrées avec. Ces cadres en bois taillé et doré sont inscrits aux Monuments Historiques. Ils sont conservés mais en piteux état.

La petite statue de la Vierge en bois doré semble avoir été taillée dans une seule pièce de bois.

Le tabernacle en bois doré : le 7 février 1676 le prêtre et commissaire chargé de la visite de l'église note dans son procès-verbal "le tabernacle est de bois, sans niche, sans pavillon et sans garniture en dedans" et il ordonne que "dans six mois le syndic du chapitre de L’Église cathédrale de Viviers, prieur dudit Vinezac, fournira ladite église d'un tabernacle doré, garni en dedans de taffetas ou d'autre étoffe de soie" (1). Pour l'année 1857 la dépense pour l'huile de la lampe est de 33 francs et 10 centimes. Cela peut sembler une somme importante mais la veilleuse du tabernacle dont l'usage remonte à la fin du XII e siècle brûle en permanence.

La statue de Saint François Régis : né dans l'Aude à Fontcouverte en 1597 et mort à Lalouvesc en 1640.

Saint François Régis, avec soutane, surplis et étole, tenant un crucifix selon le geste qu'on lui donne habituellement. François Régis, fin mai-début juin 1634, est passé à Vinezac, à l'occasion d'une visite de paroisses  par l'évêque Louis de la Baume de Suze dans le Coiron, autour d'Aubenas et de Largentière. Avec un autre jésuite, François Régis assurait des temps de prédication (2).

 

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(1) Notice sur Vinezac. Albin Mazon. Éditions de Candide, 07170 Lavilledieu. 1987, pages 79 et 81

(2) Précisions apportées par le Père Bernard Nougier

 

 

 

 

L'église. Les cloches

Crédit photos : Xavier Arnaud, Daniel Roure et Élisabeth Christin.

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La petite cloche

 

Deux bandes de rinceaux aux feuilles très stylisées enserrent la dédicace. Elle est ornée d'un christ en crucifixion et à l'opposé dune représentation de Marie. Une frise alternant ce qui semble être un décor de feuilles et croix décore le bas. Les anses sont enrichies de stries faisant penser à des nervures de feuille.

La dédicace : je m'appelle Élisa Françoise.

Le  parrain est François Trichet, la marraine est Élisa Bastide Le .patronyme du maire est Bastide. Le curé est JP Riou. Les donateurs : M. Bastide, Mme Giraud et probablement un troisième donateur.

La cloche a été fondue à Lyon dans l'atelier de fonderie Gulliet et fils.

Le procès-verbal de visite du 7 février 1676 précise qu' il y a deux cloches pour la paroisse et une pour les Pénitents" (1). Ces cloches n'existent plus.

L'actuelle petite  cloche est dédiée à Saint-Sébastien et a été installée en 1884 comme en atteste sa mention dans les registres de catholicité même si cette date n'est pas inscrite sur la cloche.

11 septembre 1884

Bénédiction d'une cloche

Le 11 septembre 1884 a été pour Vinezac un vrai jour de fête. Comme aux jours des plus grandes solennités la paroisse entière était réunie dans l’église pour assister à la bénédiction d’une jolie cloche achetée en l’honneur de Saint-Sébastien au prix de bien des sacrifices. Chacun comprenait qu’il s’agissait d’une bonne œuvre à laquelle tous avaient contribué dans les mesures du possible. Le curé de la paroisse et les honorables Mrs Bastide maire, Mollier adjoint et Mollier Frédéric recteur des Pénitents se souviendront longtemps de l’accueil sympathique qu’ils ont partout reçu dans la quête qu’ils ont été faire et à tous les dimanches. Ils ont été spécialement touchés de la conduite de certaines personnes qui vivent de la charité et qui elles aussi ont voulu apporter leur obole. Après la grand messe Mr Cornut archiprêtre de Largentière délégué par Monseigneur Bonnet évêque de Viviers est monté en chaire et a donné un très beau sermon en rapport avec la circonstance. On s’est ensuite rendu processionnellement au fond de l’église où se trouvait placée sous un arc de triomphe et richement parée par la marraine la nouvelle cloche qui a reçu les noms d’Élisa Françoise, nom du parrain Mr François Trichet et de la marraine Mme Élisa Bastide.
Une vingtaine de prêtres assistaient à la cérémonie et tout le monde a emporté de la fête ce sentiment de gaîté et de bonheur que le cœur ne saurait jamais trouver dans les fêtes sans Dieu.

A. Chareyre, curé de Balazuc, C. Valette curé de Fons, Mollier adjoint, Boyrel prêtre de Mirabel , Boyrel curé de Chazeaux et de Rocher, F. Riou curé de St-Gineys en Coiron, Mollier curé de Prunet, Pergert  vicaire, Val. Chabert  vicaire, B. Combe vicaire, Henri Roussel vicaire, B. Cornut curé archiprêtre, Mollier Ed. vicaire de Grospierres, J. Liautier curé de Montréal, B. Liautier prêtre, Jouret curé de Laurac, Delhubac curé d’Uzer, Rouveure curé de Chassiers, J.P. Riou curé de Vinezac
Sit nomen Dni (abréviation de Domini) benedictum in saecula (2)(3).

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La marraine : Élisa Bastide est née à Vinezac en 1833. Elle est la fille d’André Auguste et de Lucie Guigon tous deux nés à Sanilhac. En 1833 et 1841 son père est indiqué comme cultivateur et négociant. En 1866 il est moulinier en soie. En 1851 il est maire (à cette époque les maires sont nommés par le préfet). Elle a épousé en 1858 Édouard Bastide propriétaire rentier, fils de Jean Pierre et d’Anne Marie Rose Guigon tous deux également de Sanilhac. Il est né en 1828. En 1881 il est avocat et le couple habite le Moulin (moulinage de soie).
Le parrain : Jean François Trichet est né à Vinezac sans doute au mas de La Freydeyre en 1821 (un François Trichet 62 ans est témoin. Il habite le mas de la  Freydeyre et doit être son grand-père). Il est fils de François cultivateur et de Rose Martinen. En 1851 il est cultivateur et marchand de grains et est l’époux de Victoire Mouzon. 

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 (1) Notice sur Vinezac. Albin Mazon. Éditions de Candide, 07170 Lavilledieu. 1987. Page 78.

(2) ADA sous-série 5J 246-3.

(3) traduction : Que le nom du Seigneur soit béni dans les siècles.

La grande cloche

Pour celle-ci aussi deux rinceaux de feuilles enserrent l'inscription et elle est également ornée d'un christ en crucifixion. Elle est datée de 1922.

Sa dédicace : je m'appelle Joséphine.

Les parrain et marraine sont  Joseph Bastide et Joséphine Monteil.Le nom du prêtre est Coudeyre et l'évêque est Mgr Bonnet . Le nom de Mgr Negre (1) est également inscrit. Elle a été fondue à Montargis dans le Loiret par la fonderie Chambon.

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La marraine : Joséphine Boyer  est née à Vinezac en 1873. Elle est la fille  de Jean Louis cultivateur et de Mathilde Apolonie Cardinal. Elle a épousé à Vinezac en 1896 Émile Monteil cultivateur né en 1872 à Rocles (2) . C'est probablement cette Joséphine Monteil qui est rectrice de la confrérie des Pénitents Noirs en 1937.

Le parrain : Joseph Bastide est né à Vinezac en 1859. Il est le fils d''Édouard propriétaire rentier au Moulin et d’Élisa Bastide (la marraine de la petite cloche en 1884) (3).

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(1) Mgr Bonnet est evêque de Viviers pendant 47 ans de 1876 à 1923 ! Vous pouvez consulter sa biographie sur Wikipédia.

Mgr Paul Nègre fut évêque auxiliaire de Viviers de 1916 à 1923 : BnF Data

(2) ADA Vinezac NC 17164 - Mariages. 1896

(3) Ada Vinezac NC 17058 - Naissances. 1859